Oubliez les voyages chronométrés : le vrai luxe, aujourd’hui, c’est de ralentir. Imaginez-vous à la barre d’un bateau de plaisance, filant paisiblement sur un canal bordé d’arbres, bercé par le clapotis de l’eau. Entre deux écluses, un village se dévoile lentement, un clocher émerge à l’horizon. Bienvenue dans l’univers de la navigation fluviale, sans doute l’une des plus belles expressions du slow tourisme. Une activité à découvrir en famille en passant le permis bateau fluvial.
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8 500 km de voies navigables
Avec ses 8 500 km de voies navigables, l’Hexagone détient le premier réseau fluvial d’Europe. Ce vaste maillage, principalement entretenu par Voies navigables de France (VNF), traverse villes, villages et campagnes, formant un patrimoine naturel unique en son genre. Il permet à une grande variété d’embarcations (pénichettes, coches de plaisance, véhicules nautiques à moteur, etc.) de découvrir le territoire sous un angle différent, plus lent, plus immersif. À la différence du domaine maritime, soumis à la houle et aux marées, le domaine fluvial offre un cadre de navigation calme et prévisible. La circulation est encadrée par le RGPNI (1) qui fixe des normes claires : limitations de vitesse, signalisation, priorité aux écluses, limitation de distance, etc. Cet environnement sécurisé permet aux plaisanciers de lâcher complètement prise tout en redécouvrant la France sous un autre angle.
Un mode de déplacement interconnecté
La plaisance en eaux intérieures séduit aussi par sa complémentarité avec d’autres formes de mobilité douce. En effet, plus de 90 % du réseau navigable est situé à moins de cinq kilomètres d’une véloroute, ce qui en fait un terrain de jeu idéal pour les amateurs de cyclisme. On accoste, on sort les vélos, on visite, puis on reprend le fil de l’eau. Ce mode de voyage intéresse particulièrement les familles. Les loueurs de bateaux de plaisance l’ont bien compris : beaucoup d’entre eux proposent des vélos à bord, idéaux pour les haltes improvisées et l’accès aux sites locaux. Cette mobilité hybride participe activement à une redécouverte des territoires, dans une logique de tourisme responsable. Les embarcations de plaisance étant équipées d’un appareil propulsif dont la puissance dépasse 6 chevaux, un permis de plaisance est obligatoire pour les piloter. Un document simple à obtenir pour la majorité des plaisanciers.
Un permis bateau accessible dès 16 ans
Depuis la réforme du 1er juin 2022, obtenir le permis bateau option eaux intérieures est devenu beaucoup plus simple. L’examen théorique se déroule désormais dans des centres agréés par le service public, à la manière du permis de conduire automobile. Cette réforme a considérablement réduit les délais d’attente pour passer le code, surtout en période estivale. Accessible dès 16 ans, aucune expérience préalable n’est requise. L’apprentissage est dispensé dans un établissement de formation agréé. Il comprend au minimum 5h de théorie pour apprendre la signalisation, les signaux sonores et le balisage. Une fois le code en poche, le futur plaisancier suit 3 h 30 de formation pratique, dont 2 h de conduite effective à bord d’un bateau de plaisance motorisé. Le passage de ce permis est rapide avec un minimum d’investissement personnel. Il est parfois possible de le décrocher en quelques jours grâce à des sessions en accéléré. Parfois appelé – à tort – le permis jet-ski, il autorise aussi la conduite de véhicules nautiques à moteur de plus de 6 chevaux sur les voies fluviales.
L’inscription au permis bateau, mode d’emploi
Pour entrer en formation, rien de bien compliqué. Le candidat constitue un dossier comprenant un formulaire d’inscription, un certificat médical, une photocopie d’une pièce d’identité, une photo récente et un timbre fiscal. Le bateau-école transmet ensuite l’ensemble des pièces à l’administration. Une fois l’examen théorique réussi et la formation pratique validée par un formateur agréé, le permis est délivré rapidement et reste valable à vie. Il permet de piloter un bateau de plaisance à moteur de moins de 20 mètres sur l’ensemble des rivières, des canaux, des lacs et des plans d’eau classés en eaux intérieures. En revanche, il ne donne pas accès à la navigation en mer, qui relève du permis côtier ou de l’extension hauturière.
(1) Règlement général de police de la navigation intérieure.