Après avoir obtenu votre code, vous disposez de 18 mois pour valider la partie pratique du permis bateau dans un centre de formation agréé. L’épreuve prévoit 3 h 30 de navigation, dont 2 h de navigation effective à la barre d’un navire de plaisance de plus de 6 chevaux. Cette session permet au formateur d’évaluer votre aptitude à piloter en autonomie et in fine, de valider votre permis. Voici les manœuvres incontournables que vous devez maîtriser pour obtenir votre titre de navigation.
Sommaire
L’appareillage : quitter le quai avec aisance

La première manœuvre de l’examen pratique du permis bateau consiste à appareiller comme un véritable chef de bord. Une fois les amarres larguées, vous devez montrer que vous savez manœuvrer avec précision. Pour y parvenir, engagez lentement la marche avant tout en orientant la barre vers le quai : l’arrière pivote alors vers le large. Lorsque l’étrave se rapproche du quai, passez en marche arrière et orientez la barre dans l’autre sens, vers le large. Ce pivot maîtrisé permet de quitter le poste d’amarrage en douceur. Une fois dégagé, vous pouvez reprendre la marche avant et poursuivre votre route.
La prise de coffre : réussir son amarrage à une bouée

Cette manœuvre s’effectue toujours face au vent ou au courant, afin d’éviter d’endommager l’hélice en heurtant la chaîne qui relie la bouée au fond. Vous devrez approcher lentement, avec juste assez de vitesse pour garder le contrôle, puis casser votre allure à proximité immédiate du coffre. À ce moment précis, attrapez rapidement la bouée avec la gaffe pour y fixer l’aussière. L’examinateur portera une attention particulière à votre maîtrise de la vitesse, à la précision de votre arrêt, ainsi qu’à la fluidité de l’amarrage.
Tenir un cap au compas : garder le cap sans dérive

Savoir naviguer en ligne de droite une compétence que vous devrez maîtriser pour être reçu. Le formateur vous indiquera un cap (ex. : 120°) que vous devrez suivre, malgré le vent, le courant ou une mer formée. Il ne s’agit pas de fixer l’aiguille du compas, mais de la surveiller tout en gardant une vision globale de votre position. Vous devrez effectuer des corrections fines et régulières à la barre. Ce que l’examinateur attend ici, c’est une trajectoire stable, une bonne gestion de l’équilibre du bateau, et une vraie capacité à garder le cap sans vous enfermer dans vos instruments.
Récupérer un homme à la mer

Cette manœuvre simule l’un des scénarios les plus critiques en navigation : la chute d’une personne à la mer. Dès le signal, vous devez immédiatement réagir en virant du côté de la chute, sans jamais perdre la bouée de vue (elle représente la victime). Vous effectuez alors un large demi-tour, en maintenant constamment un œil sur la “victime”, puis vous revenez vous positionner au vent de celle-ci, pour éviter de la dériver au dernier moment. À l’approche finale, vous passez au point mort pour permettre une récupération en toute sécurité à l’aide de la gaffe. La réussite de cette manœuvre est essentielle pour obtenir votre certificat de conduite en plaisance.
L’accostage : approcher le quai avec précision

Un bon chef de bord doit savoir accoster avec calme, précision et maîtrise.
Vous devez approcher le quai à très faible allure, avec un angle d’environ 20 à 40°, en gardant une trajectoire fluide. Juste avant le contact, un léger coup de barre vers le large, accompagné d’une marche arrière, permet de freiner le bateau et de l’aligner parallèlement au quai. L’équipier descend alors pour fixer rapidement les amarres. Ce que l’examinateur attend ici, c’est une manœuvre souple et une bonne coordination entre pilote et équipier. Cette manœuvre fait partie des bases du pilotage en eaux intérieures ou côtières.
Le nœud de cabestan : réaliser un amarrage rapide

Le jour de l’examen, on vous demandera de réaliser un nœud de cabestan — un incontournable en navigation de plaisance à moteur. Ce nœud, composé de deux boucles croisées autour d’un support fixe, est couramment utilisé pour attacher un pare-battage (le boudin de protection suspendu sur le flanc du bateau pour éviter les chocs contre un quai ou un autre navire) ou pour effectuer un amarrage temporaire. Votre instructeur évaluera la justesse du geste, la solidité du nœud, ainsi que sa pertinence en fonction de la situation.
L’amarrage à un taquet : sécuriser une aussière

Pour cette manœuvre, vous devrez démontrer que vous savez fixer une aussière solidement sur un taquet, sans hésitation ni erreur. La séquence attendue est précise : un tour mort autour de la base du taquet, suivi de deux boucles croisées en huit, puis d’une demi-clé finale pour bloquer l’ensemble. L’instructeur jugera la fluidité de votre geste, la propreté de l’amarrage, et surtout la capacité du nœud à tenir fermement sous tension. Un bon amarrage doit être à la fois rapide à faire… et sûr à 100 %.
Utiliser la VHF : savoir communiquer en cas d’urgence

Vous serez également évalué sur votre capacité à utiliser concrètement une radio VHF maritime. Le formateur vous demandera de contacter une capitainerie ou lancer un appel d’urgence (messages « Mayday » ou « Pan Pan »). Vous devrez notamment maîtriser l’utilisation du canal 16, formuler clairement votre message et choisir les mots justes selon le contexte. Il s’agit de montrer que vous savez communiquer clairement et efficacement – compétence indispensable, notamment pour ceux qui passeront ensuite leur permis hauturier.
Le déroulement de la formation pratique du permis bateau
Une fois le code du permis bateau en poche, place à la pratique. Lors de cette session de pilotage, vous embarquez avec un petit groupe de candidats — jamais plus de quatre à bord. Encadré par un moniteur agréé d’un centre de formation, chacun prend à tour de rôle les commandes d’un bateau à moteur de plus de 6 chevaux, afin de s’exercer dans des conditions réelles de navigation.
La durée de la formation au permis bateau varient en fonction des candidats. Elle mêle théorie et mise en situation. Vous suivrez au minimum 5 heures de cours en salle, pour assimiler les bases réglementaires, puis 3h30 de navigation encadrée, en mer ou sur fleuve. Cette séquence pratique s’articule en deux étapes clés :
- 1h30 de formation collective, consacrée aux bases de la sécurité, aux responsabilités du plaisancier et aux règles de navigation ;
- 2 heures de conduite effective par candidat, pour apprendre à maîtriser les manœuvres essentielles à bord.
Tout au long de cette session, le formateur évalue les 18 compétences réglementaires. Chaque point du programme est validé progressivement et inscrit dans le livret d’apprentissage du candidat.
Une fois l’examen du permis bateau réussi, une attestation de réussite vous est délivrée, en attendant l’obtention du titre définitif.
À noter, un candidat peut débuter la formation pratique avant d’avoir validé l’examen théorique du permis bateau. En revanche, les 5 heures de formation théorique en présentiel reste obligatoire pour obtenir le titre de conduite définitif.
Les 18 compétences réglementaires du permis bateau
| Thème | Compétences | Description |
| La sécurité du plaisancier | 1. Sécurité individuelle | Être capable de choisir une brassière adaptée à la navigation, de l’ajuster correctement selon la morphologie, et de vérifier son état et sa conformité. |
| 2. Sécurité collective | Savoir identifier les équipements de sécurité à bord, expliquer leur utilisation et les localiser sur le bateau. | |
| 3. Moyens de communication | Comprendre les limites du téléphone portable en mer et savoir pourquoi la VHF est plus fiable pour communiquer. | |
| Les incontournables du plaisancier | 4. Décider d'une sortie selon la météo | Être capable de consulter un bulletin météo, d’en comprendre les éléments clés et de décider si les conditions permettent de sortir en toute sécurité. |
| 5. Balisage et obstacles | Savoir reconnaître les balises, repérer les zones dangereuses et ajuster sa trajectoire en fonction de la route définie. | |
| Les responsabilités du plaisancier | 6. Rôle du chef de bord | Connaître les devoirs du plaisancier, les règles à respecter, ainsi que les principales infractions et leurs conséquences. |
| 7. Moyens de détresse | Comprendre le principe de l’assistance en mer, les différents moyens de secours disponibles et les conséquences d’un signal déclenché à tort. | |
| 8. Environnement | Savoir quels gestes éviter pour ne pas polluer, comprendre les effets d’un mauvais comportement et contribuer à protéger le milieu marin. | |
| Conduite du bateau | 9. Mise en route du moteur | Savoir effectuer les vérifications de base (niveaux, points sensibles) et démarrer le moteur en toute sécurité. |
| 10. Tenue de trajectoire | Être capable de suivre une route droite, réaliser des virages larges ou serrés, faire demi-tour, et adapter sa trajectoire à la demande du formateur. | |
| 11. Maîtrise de la vitesse | Savoir accélérer, ralentir, estimer sa vitesse et la réguler selon les consignes ou les conditions. | |
| 13. Marche arrière | Savoir reculer en ligne droite, gérer la direction et s’arrêter avec précision en marche arrière. | |
| 14. Utilisation des alignements | Comprendre comment se positionner en suivant un alignement (par l’avant ou l’arrière) et savoir le corriger si besoin. | |
| Les manœuvres du bateau | 15. Appareillage / accostage | Savoir amarrer et désamarrer le bateau, appareiller et accoster en toute sécurité selon les conditions. |
| 16. Prise de coffre | Réaliser une approche en tenant compte du vent et du courant, s’amarrer à une bouée (coffre) et en repartir proprement. | |
| 17. Mouillage / ancrage | Choisir une zone de mouillage adaptée, mouiller en sécurité, vérifier la tenue et relever l’ancre correctement. | |
| 18. Récupération d’un homme à la mer | Réagir immédiatement, effectuer une manœuvre de récupération contrôlée, et ramener la personne à bord en toute sécurité. |