Interview d’Alexandre Sanche : 30 jours en Patagonie

En plein cœur de la Patagonie, dans la région du Rio Negro, Alexandre Sanche, un instructeur en techniques de survie installé dans le Tarn, s’est lancé dans une aventure sans précédent. Depuis le 7 février 2024, il parcourt en solitaire une boucle de 400 kilomètres, un défi qu’il a choisi de relever en s’alimentant exclusivement de nourriture trouvée dans la nature. Ce voyage, qui durera 30 jours, est présenté comme l’expédition d’une vie pour Alexandre, sponsorisé par plusieurs marques dont le site Adrenactive, spécialisé dans les coffrets cadeaux de sports à sensations.

Alexandre Sanche fait une pompe à une main

Un expert de la survie en pleine nature

Depuis 2018, Alexandre Sanche met son expertise au service de ceux qui souhaitent apprendre à survivre en pleine nature avec son école Immersion Break Nature. Avec une passion pour la montagne et la vie au grand air qui le consume depuis quarante ans, Alexandre a pour vocation de transmettre son savoir et son expérience. L’objectif ? Permettre à chacun de ses élèves de pouvoir, un jour, se sortir d’une situation critique grâce aux techniques de survie maîtrisées.

Alexandre Sanche donne un cours à un groupe pour apprendre à faire du feu

Une expédition financée par la communauté

Conscient des coûts que représente une telle aventure, Alexandre a fait appel à la générosité du public en lançant une cagnotte de crowdfunding. L’objectif de 5 175 € avait pour but de couvrir les frais de voyage, incluant le vol pour la Patagonie et l’hébergement sur place avant le début de l’expédition — notons qu’Alexandre n’a pour l’instant pris qu’un billet aller. Également, cette somme devait permettre l’achat de matériel et de vêtements techniques adaptés à l’aventure, pour un total de 1 500 €. Enfin, une part de 675 € était destinée à une association partenaire qui entretient les refuges dans les Pyrénées, une cause chère au cœur d’Alexandre Sanche.

La cagnotte est d’ailleurs toujours active pour permettre à Alexandre de financer son billet retour et de supporter l’association. Cliquez-ici pour y accéder !

Une technologie au service de la sécurité

Pour assurer sa sécurité tout au long de ce voyage périlleux, Alexandre Sanche est équipé d’une balise GPS Garmin de pointe. Cet appareil, crucial pour son aventure, lui permet non seulement de tracer son itinéraire en temps réel, mais offre également une fonction vitale : la possibilité de contacter une centrale d’urgence en cas de problème. Cette mesure de précaution garantit à Alexandre une ligne de secours immédiate, soulignant l’importance de la technologie dans les expéditions de survie modernes.

En suivant les traces d’Alexandre Sanche dans la Patagonie sauvage, on ne peut qu’être inspiré par son courage, sa détermination, et son engagement profond envers la préservation des compétences ancestrales de survie. Son voyage est un rappel puissant de ce que l’on peut accomplir avec préparation, passion, et le soutien d’une communauté unie par des valeurs communes.

Au-delà de la survie

Ce périple en Patagonie est plus qu’une simple expédition de survie pour Alexandre Sanche ; c’est une quête personnelle de dépassement et d’harmonie avec la nature. En choisissant de s’alimenter uniquement de ce que la faune et la flore locales ont à offrir, il met en pratique des années d’expérience et d’enseignement. Cette aventure, au-delà de ses aspects physiques et techniques, est une véritable introspection, un retour aux sources essentielles de l’existence humaine face à l’immensité de la nature.

Carte du parcours élaboré par Alexandre Sanche dans la région Rio Negro en Patagonie

Interview d’Alexandre Sanche réalisée 3 jours avant son départ

Nous avons eu l’honneur d’interviewer Alexandre Sanche, alors qu’il réalisait les derniers préparatifs avant le grand voyage. Ainsi, nous avons pu lui poser des questions supplémentaires sur cette expédition en Patagonie et sur les raisons qui l’ont poussé à entreprendre ce périple.

Bonjour Alexandre, et merci de nous accorder cette interview. Tout d’abord, pourquoi le 7 février ?

Alexandre Sanche : « Le mercredi 7 février 2024 sera un jour très symbolique pour moi car c’est le jour de mon 60ème anniversaire. Je souhaitais donc marquer le coup et prouver au monde qu’on est jamais trop vieux pour réaliser une expédition de cette envergure. »

Et pourquoi la Patagonie ?

AS : « C’est une région très sauvage qui représente environ 3 fois la surface de la France. J’y suis déjà allé 2 fois par le passé où j’ai eu l’occasion d’y pêcher notamment. Donc aujourd’hui, je considère que je connais un peu la région. Je souhaitais me rendre dans un endroit où il serait quasiment impossible de croiser quelqu’un, afin de m’imprégner au maximum de la nature et de relever un véritable challenge physique et psychologique. Aussi, à ma connaissance, je suis le seul français à entreprendre un voyage en solitaire de cette ampleur. C’est donc à la fois un honneur et une fierté pour moi. »

Vous avez indiqué avoir ajouté des kilomètres à votre parcours pour rendre le trajet plus difficile. Comment est-ce qu’on planifie un voyage comme celui-ci ?

AS : « Cela fait maintenant plus de 3 ans que j’ai imaginé cette expédition. Malheureusement, à l’arrivée du Covid, j’ai dû abandonné le projet. Je l’ai ressorti des tiroirs il y a un an. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à tracer le plan de route et préparé mon voyage par moi-même.

L’itinéraire que je vais emprunter est susceptible de changer légèrement en fonction des conditions sur place. Le point de départ de l’aventure se trouve à San Carlos de Bariloche. Je marcherai ensuite en direction du nord avant de faire une boucle vers l’ouest.

Le choix de rendre le parcours plus difficile est un choix personnel pour me pousser à franchir une plus grande distance et relever un plus grand défi. Je prévois de perdre entre 15 et 20 kilos durant mon périple. Mon but est de me reconnecter plus que jamais avec la nature et de prouver qu’avec les bonnes techniques, on peut braver n’importe quelle situation. »

Quelles précautions prenez-vous contre les hostilités de la nature ainsi que la nourriture sauvage ?

AS : « Tout d’abord, contrairement à ce qu’on pourrait penser, cette région de la Patagonie est assez pauvre en prédateurs hostiles. Quelques pumas habitent le coin mais sont très rares.

Concernant la nourriture sauvage, dans le milieu de la survie, il y a une règle importante : si on ne connaît pas, on ne mange pas. Même si la faim se fait douloureuse.

Évidemment, j’ai étudié la flore locale et je compte me nourrir de plantes comestibles et de poisson. »

Comment comptez-vous surmonter la solitude lors d’un tel voyage ?

AS : « Psychologiquement, la solitude est sûrement le plus difficile à surmonter. Je pense que les premiers jours seront décisifs. Cependant, avec mon expérience en tant qu’instructeur en techniques de survie, j’ai les capacités pour muscler mon mental et me permettre d’avancer même si les conditions deviennent difficiles.

À mon retour, j’aurai certainement besoin d’une courte période de quarantaine pour sociabiliser à nouveau. Mes pratiques alimentaires auront également changé. Je devrai donc progressivement me réhabituer à manger normalement. »

Vous prévoyez de faire suivre votre progression sur un groupe WhatsApp à votre entourage et aux marques qui vous sponsorisent. Quels types de contenu pensez-vous partager ?

AS : « Je posterai des photos, des vidéos et quelques messages régulièrement et à l’instant T pour parler de mon avancée. J’aime partager mes expériences et faire preuve de pédagogie. C’est pour cela que je ferai en sorte de poster un maximum d’informations bien que j’aurai évidemment d’autres impératifs sur place. »

Pour terminer, avez-vous un message ou un conseil pour des futurs aventuriers qui souhaiteraient entreprendre un voyage au solitaire de cette ampleur ?

AS : « Le plus important est de se préparer physiquement et psychologiquement. Lors de mes stages de survie, je parle souvent du triangle : connaissance, mental, chance. Ce sont les 3 facteurs et les qualités principales pour s’en sortir au cœur de la nature. Et dans certains cas, la chance peut être provoquée. »

La règle du triangle d'Alexandre Sanche : connaissance, mental, chance

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé, Alexandre Sanche, et nous vous souhaitons une belle expérience ainsi qu’un voyage hors du commun !

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