En escalade, une cotation permet d’évaluer le niveau d’une voie. Cette notation, établie par des grimpeurs, permet à leurs pairs d’avoir une idée de la difficulté d’une ascension avant de l’entreprendre. C’est bien pratique, particulièrement quand on débute. Elle donne des indications générales sur la taille des prises, leur nombre, leur espacement, la présence de dévers, etc. Ces informations sont condensées dans les topos d’escalade. Ces guides sont un outil indispensable pour bien préparer une sortie. Gros plan sur les différentes cotations utilisées en escalade libre, en bloc et en alpinisme dans l’Hexagone.

La cotation en escalade libre

En escalade libre, le grimpeur utilise uniquement ses pieds, ses mains et les prises offertes par une paroi rocheuse pour l’escalader. Il n’a droit à aucune aide artificielle pour progresser. Cette discipline de puristes a été popularisée dans les années 80 par des sportifs de l’extrême, comme Patrick Edlinger, qui grimpaient en solo intégral, avec seulement de la magnésie pour éviter d’avoir les mains moites. Néanmoins, la plupart des pratiquants utilisent un système d’assurage (corde, baudrier, ancrages, etc.) pour prévenir les risques de chute.

Une cotation en escalade libre se compose :

  • d’un chiffre allant de 3 (le niveau débutant) à 9 (le top niveau mondial) ;
  • d’un degré intermédiaire désigné par une lettre (a, b et c), a étant plus facile que c ;
  • d’un signe + indiquant la présence d’une difficulté qui ne mérite pas classer la voie au niveau supérieur.

Dans les topos d’escalade, on rencontre ce type de cotations : 5c, 4b, 6b+, 8b+, 7a, etc. Regardons de plus près à quoi elles correspondent :

Cotations Niveaux terrain
0 Terrain parfaitement plat.
1 Chemin escarpé qui se gravit à pied.
2 Pente importante où l’usage des mains peut être nécessaire pour se stabiliser.
3 Initiation : voies pour les enfants Côte raide où une traction des bras est nécessaire pour progresser.
4a Débutant La paroi est raide, mais les prises sont nombreuses et très rapprochées.
4b
4c
5a
5b Intermédiaire Les prises sont plus petites, plus espacées et les mouvements plus complexes. On peut rencontrer de petits dévers.
5c, 5c+
6a
6b Avancé Des prises de pieds ou de main commencent à manquer. Les premiers gros dévers apparaissent.
6c, 6c+
7a
7b Haut niveau Les prises, en nombre limité, sont minuscules. L’ascension est très technique. La rapport poids-puissance devient primordial.
7c, 7c+
8a
8b Top niveau mondial C’est le niveau des championnats du monde.
8c, 8c+
9a The best of the best Niveau extraterrestre.
9b+

Cette échelle n’est pas fermée. Elle évolue. Le 3 septembre 2017, le Tchèque Adam Ondra a ouvert un passage sur le site de Flatanger, en Norvège. Il a escaladé, après travail, un secteur en dévers particulièrement ardu. Après avoir évalué la difficulté de l’ascension, il a proposé la cotation de 9c ! Cette portion de falaise de la grotte d’Hanshallaren, baptisée « Silence », serait à ce jour la voie la plus dure du monde.
Néanmoins, cette cotation n’a pas encore été confirmée (on peut se demander si elle le sera un jour, vu la difficulté). En escalade libre, la cotation est attribuée par le grimpeur qui réalise la première ascension. C’est généralement le passage le plus difficile qui détermine la cotation de toute la voie. Cette appréciation repose sur la technicité du mouvement qui a permis de franchir l’obstacle. Si par la suite, une méthode plus facile est découverte, le niveau de la voie peut être revue à la baisse. Tout dépend des facilités du grimpeur. Il arrive qu’une voie soit décotée par un répétiteur, jugeant qu’elle avait été surévaluée par l’ouvreur. Même si une cotation est toujours subjective, elle reste le moyen le plus sûr de connaître la difficulté générale d’une voie d’escalade.

infographie cotation escalade
Les équivalences de cotations dans le monde.

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La cotation en escalade de bloc

En bloc, le grimpeur évolue à une faible hauteur.

L’escalade de bloc se pratique sans corde, ni baudrier. Le grimpeur évolue à une faible hauteur, ce qui réduit les risques d’accident. Un matelas est souvent utilisé pour amortir les chutes. D’abord une méthode d’entraînement, cette pratique est progressivement devenue une discipline à part entière. Elle consiste à escalader des rochers ou des structures artificielles de taille réduite, où la difficulté est concentrée. Ce style de grimpe fait travailler la force et la technique.
En France, la cotation utilisée en bloc est celle de Fontainebleau ou de « Bleau. » Ce site d’escalade situé au sud de Paris est réputé internationalement. La difficulté est également mesurée par des degrés de difficulté allant de 1 à 9. Des lettres majuscules (A, B et C) et un + viennent affiner la cotation. On trouve du 5A, 6B+ ou du 8C, comme en escalade libre. Mais la comparaison s’arrête là. Un 6A en bloc correspond généralement à un 7a en falaise, le bloc étant beaucoup plus intense.

Cotations Niveau
4 à 5C Débutant
6A à 6C+ Intermédiaire
7A à 7B Avancé
7B+ à 8A+ Expert
8C à 9B Professionnel

Le passage de bloc le plus difficile au monde est un rocher situé à 100 km d’Helsinki. Burden of Dreams – c’est son nom – a été coté en 9a en octobre 2016 par le grimpeur finlandais Nalle Hukkataival. Avant lui, c’est un rocher de Fontainebleau classé en 8C, The Big Island, qui détenait ce titre.

La cotation en alpinisme

Ascension d'un passage rocheux
L’échelle de difficulté utilisée en alpinisme est le système de cotation globale. Elle a été introduite en 1925 par l’Allemand Willo Welzenbach qui classait les ascensions dans les Alpes orientales sur une échelle de 6 degrés, allant de Facile (F) à Extrêmement difficile (ED). Ces cotations ont ensuite été étendues à l’ensemble du massif alpin. Elles mesurent principalement la difficulté technique de l’itinéraire. Trois niveaux intermédiaires viennent affiner la cotation : inférieur (-), normal, supérieur (+).

Cotations Voies Technicité
Facile (F) La voie normale des Cimes de la Clochette Course facile. L’alpiniste progresse sans difficulté. Par exemple, lors de l’ascension d’un glacier avec une faible pente ou le franchissement d’un rocher qui ne nécessite pas d’être encordé.
Peu difficile (PD) Le Mont Blanc par l’arête des Bosses Un terrain demandant quelques précautions : un glacier avec quelques crevasses, des pentes neigeuses entre 35 et 45° ou des rochers nécessitant de descendre en rappel au retour.
Assez difficile (AD) La Traversée de la Meije Ascension relativement technique avec la traversée d’un glacier crevassé, des passages d’escalade de niveau 4 et des pentes glacées allant de 45 à 55°.
Difficile (D) L’arête des Hirondelles des Grandes Jorasses Course complexe demandant une bonne maîtrise de l’alpinisme : techniques de corde, orientation, connaissance de la montagne. La cordée traverse des glaciers avec de grosses crevasses ou des pentes couvertes de neige de 50 à 70°.
Très difficile (TD) Le pilier central de Fréney dans le Mont Blanc (TD+) Ascension impliquant d’escalader des falaises classées de 5 à 6, de traverser des passages glacés neigeuses allant de 65 à 80°.
Extrêmement difficile (ED) L’éperon Walker dans les Grandes Jorasses (ED-) Réservée aux meilleurs alpinistes, cette ascension comporte des passages en escalade libre en 6b-7a. Des points d’ancrage doivent parfois être placés dans la roche et de nombreux relais doivent être effectués pour arriver au sommet.

Le niveau Abominablement difficile (ABO) a été créé pour désigner les ascensions rocheuses comportant des portions d’escalade libre supérieures au degré 7b. La cotation globale est généralement complétée par une seconde échelle. Composée de chiffres romains, elle permet de mesurer le risque couru en cas de mauvais temps ou d’accident. Par exemple, s’il faut appeler les secours.

Cotations Engagement
I Ascension courte et proche de la civilisation. Il est possible de faire marche arrière n’importe quand. Le secours interviennent très facilement.
II L’itinéraire (d’environ 4h) ne présente pas de grand danger. Les alpinistes sont proches d’une vallée ou d’un refuge.
III L’ascension dure une demi-journée. Assez reculé, les secours peuvent commencer à avoir des difficultés à intervenir, notamment en cas de mauvais temps.
IV La sortie s’étale sur une journée, loin de la civilisation. Les secours ne peuvent pas intervenir dans de bonnes conditions. Néanmoins, il est possible de faire demi-tour.
V L’itinéraire est très long. Il faut compter entre 12 et 24h d’ascension dans une zone difficile d’accès. An cas de problèmes (accident, orage, etc), les alpinistes doivent se débrouiller seuls.
VI L’ascension peut durer plusieurs jours. La cordée est complètement coupée du monde. Il est impossible de faire demi-tour. Les alpinistes ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

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