Posted in

Quel est le saut en parachute le plus haut jamais réalisé ?

Pas le temps de tout lire ? Obtenez un résumé par l'IA :

En bref : Le saut en parachute le plus haut officiellement enregistré appartient à Alan Eustace, parti de 41 422 mètres d’altitude le 24 octobre 2014. L’Américain a dépassé le précédent record de Felix Baumgartner, fixé à 38 969,4 mètres en 2012. Ces sauts stratosphériques se situent très loin du parachutisme de loisir, où la sortie d’avion s’effectue couramment entre 3 000 et 4 000 mètres.

Le saut en parachute le plus haut ne consiste pas juste à monter plus longtemps que les autres en avion. Passé 40 kilomètres d’altitude, le parachutiste de l’extrême évolue dans la stratosphère, avec un air extrêmement peu dense et une pression incompatible avec un équipement de parachutisme classique. Ballon à l’hélium, combinaison pressurisée, oxygène et systèmes de stabilisation entrent dans l’équation. Trois hommes ont particulièrement marqué cette recherche des limites du vol humain : Joseph Kittinger, Felix Baumgartner et Alan Eustace.

Alan Eustace détient le record avec une sortie à 41 422 mètres

Le 24 octobre 2014, Alan Eustace quitte le sol près de Roswell, au Nouveau-Mexique. Son dispositif tranche drastiquement avec celui utilisé par son homologue Felix Baumgartner deux ans plus tôt. Lui n’est pas installé dans une capsule : sa combinaison pressurisée est suspendue directement sous un ballon à l’hélium. Ce n’est pas sans rappeler un certain film Là-haut

Image illustrative générée par IA, inspirée du dispositif utilisé lors du décollage d’Alan Eustace en 2014.

Il faut un peu plus de deux heures à Alan Eustace pour atteindre son altitude de largage. À 41 422 mètres au-dessus du Nouveau-Mexique, il se sépare du ballon qui l’accompagne et commence sa descente en chute libre. Cette hauteur, homologuée par la Fédération aéronautique internationale, n’a toujours pas été dépassée.

Dans les premières secondes, la chute ne ressemble pourtant pas à ce que l’on imagine depuis le sol. Eustace accélère jusqu’à franchir le mur du son et atteint jusqu’à 1 320 km/h, sans avoir autour de lui les repères qui donnent habituellement une impression de vitesse. À cette altitude, il n’a aucun relief proche, pas de bâtiment qui défile : seulement l’horizon et l’atmosphère sous ses pieds.

« Je n’avais aucune sensation de vitesse. J’avais l’impression de tomber dans le vide. » – Alan Eustace

Ici, son équipement joue un rôle déterminant. Eustace descend avec un petit parachute stabilisateur, le drogue (oui, ce n’est pas une erreur). Dans un air aussi peu dense à cette altitude, les bras et les jambes rencontrent moins de résistance et corrigent donc moins facilement la position du corps. Le drogue sert précisément à éviter qu’une rotation ne s’emballe pendant cette première partie de la descente.

Malgré son saut record, Alan Eustace reste beaucoup moins connu que l’autrichien Felix Baumgartner. La différence tient en partie à la nature des deux projets. StratEx (le système de combinaison utilisée pour ce saut) avait surtout une vocation technique, centrée sur le développement et l’essai d’un système de vol stratosphérique. Deux ans plus tôt, Red Bull Stratos avait transformé le saut de Baumgartner en événement mondial, avec une retransmission en direct suivie par des millions de personnes. Le record est aujourd’hui du côté d’Eustace, mais l’image du saut depuis la stratosphère reste encore largement associée à Baumgartner.

Trois sauts ont marqué la course à l’altitude

Mettre côte à côte les altitudes donne une première lecture, mais pas toute l’histoire. Kittinger, Baumgartner et Eustace ne sautent ni avec le même matériel ni dans le même but.

ParachutisteDateAltitude de sortieConfiguration du saut
Joseph Kittinger16 août 1960Environ 31 300 mNacelle et parachute stabilisateur
Felix Baumgartner14 octobre 201238 969,4 mCapsule et chute sans drogue
Alan Eustace24 octobre 201441 422 mSuspension sous ballon et chute avec drogue

Joseph Kittinger ouvre la voie dès 1960. Pilote de l’US Air Force, il participe au programme Excelsior, créé pour étudier l’évacuation d’un pilote à très haute altitude. Le but n’est pas de produire une image impressionnante : l’armée cherche à savoir si un homme peut quitter un appareil dans les couches supérieures de l’atmosphère et revenir au sol.

Son troisième essai le conduit à plus de 31 kilomètres. Un problème survient pendant l’ascension : son gant droit ne se pressurise pas correctement et sa main gonfle fortement. Kittinger ne signale pas l’incident, de peur que la mission soit interrompue. Il quitte malgré tout la nacelle et reste en chute pendant plus de quatre minutes avant l’ouverture de son parachute principal.

Le saut de Felix Baumgartner reste quand même différent

Le 14 octobre 2012, Felix Baumgartner se tient sur le seuil d’une capsule à presque 39 kilomètres du sol. Quelques secondes après sa sortie, son corps part en rotation. La scène rappelle à quel point une chute stratosphérique se contrôle mal : à cette hauteur, les gestes habituels d’un parachutiste rencontrent très peu de résistance dans l’air.

Baumgartner retrouve sa stabilité et accélère jusqu’à 1 357,6 km/h. Il devient le premier humain à franchir le mur du son en chute libre sans propulsion et sans drogue.

« Parfois, il faut aller très haut pour comprendre à quel point on est petit. » – Felix Baumgartner

Deux ans plus tard, Eustace monte encore plus haut. Cela ne signifie pas que tous les records de Baumgartner disparaissent. La FAI sépare les performances réalisées avec un parachute stabilisateur de celles effectuées sans ce dispositif. Baumgartner conserve ainsi le record mondial de distance de chute sans drogue, avec 36 402,6 mètres.

La nuance peut sembler réservée aux spécialistes, mais elle change réellement la lecture des performances. Eustace détient le record absolu d’altitude de sortie. Baumgartner reste la référence pour certaines catégories sans stabilisateur. Comparer uniquement 41,4 km à 39 km efface cette différence entre les deux.

À 40 kilomètres d’altitude, la chute libre change de nature

Un saut stratosphérique n’est pas un tandem auquel on aurait ajouté 30 kilomètres. Le corps humain ne peut pas fonctionner normalement dans cet environnement sans protection.

La pression extérieure est très faible et l’oxygène disponible ne suffit plus pour respirer normalement. La combinaison doit maintenir des conditions compatibles avec la survie pendant la montée puis pendant la chute. Elle doit rester fonctionnelle malgré le froid, les variations de pression et le passage à très grande vitesse.

La stabilité représente une autre difficulté. Près du sol, un parachutiste contrôle sa position en prenant appui sur l’air avec les bras et les jambes. Beaucoup plus haut, l’air oppose beaucoup moins de résistance. Un mouvement mal maîtrisé peut déclencher une rotation difficile à corriger. C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles les équipes de Kittinger et d’Eustace ont utilisé un drogue.

Ces projets occupent une place à part parmi les sauts en parachute les plus insolites. Ils relèvent autant de l’expérimentation aéronautique que du parachutisme sportif.

À quelle altitude saute-t-on en parachute en France ?

Un saut en parachute en tandem s’effectue habtiuellement entre 3 000 et 4 000 mètres. À cette hauteur, la chute libre dure généralement autour de 40 à 50 secondes avant l’ouverture de la voile.

L’écart avec les records stratosphériques est considérable, mais 4 000 mètres suffisent déjà pour atteindre environ 200 km/h en position de chute classique (certes, loin des 1 357 km/h de Baumgartner). La sensation ne vient d’ailleurs pas d’une impression de « tomber de 4 000 mètres » : sans objet proche, le cerveau dispose de peu de repères pour mesurer la vitesse de la chute. Le bruit de l’air et la pression ressentie sur le corps sont beaucoup plus présents.

Pour une formation PAC en parachutisme, les sorties se situent elles aussi souvent autour de 4 000 mètres. Cette fois, l’élève ne reste pas passager de son tandem. Il apprend progressivement à stabiliser sa chute, surveiller son altitude, ouvrir son parachute puis piloter sa voile.

Faut-il impérativement choisir le saut qui monte le plus haut ?

Pour un baptême, quelques centaines de mètres supplémentaires donnent surtout un peu plus de temps en chute libre. Ce n’est pas forcément le critère le plus intéressant pour choisir sa zone de saut.

Le relief visible, les conditions du jour, l’avion utilisé et la configuration du site changent davantage la perception générale pour apprécier votre activité. Un saut près du littoral ne ressemble pas visuellement à une sortie face à un massif montagneux. Ce top des spots de saut en parachute montre bien ces différences d’environnement.

Il existe même une façon de ressentir la chute libre tout en restant au sol. Dans un simulateur de chute libre, un flux d’air vertical proposé par la soufflerie maintient le pratiquant en suspension. Les repères visuels n’ont rien à voir avec une sortie d’avion, mais les effets d’un changement de position deviennent immédiatement perceptibles. C’est une bonne première expérience, et à moindre coût, avant de prendre la direction du ciel pour sauter.

Les questions fréquentes sur le saut en parachute le plus haut

Quel est le saut en parachute le plus haut du monde ?

Alan Eustace détient le record mondial d’altitude de sortie avec 41 422 mètres. Il l’a établi le 24 octobre 2014 au Nouveau-Mexique, suspendu sous un ballon stratosphérique avant sa chute vers le sol.

Felix Baumgartner détient-il encore un record de saut en parachute ?

Oui. Alan Eustace a dépassé son altitude de sortie, mais la FAI distingue les chutes avec et sans parachute stabilisateur (aussi appelé « drogue »). Baumgartner conserve le record mondial de distance de chute sans drogue avec 36 402,6 mètres.

Combien de temps dure une chute libre depuis 4 000 mètres ?

Un saut tandem depuis environ 4 000 mètres correspond généralement à 40 à 50 secondes de chute libre. La durée varie avec l’altitude réelle de sortie, la hauteur d’ouverture et les caractéristiques du saut.

Peut-on faire un saut en parachute à 10 000 mètres pour le loisir ?

Une sortie à 10 000 mètres demande une gestion spécifique de l’oxygène et des procédures adaptées à la haute altitude. Cette hauteur se situe très au-dessus du format habituel des baptêmes en parachute en France. Il n’est pas ouvert aux amateurs.

Pourquoi certains records utilisent-ils un parachute stabilisateur ?

Le drogue aide à contrôler la position du parachutiste dans un air très peu dense et réduit le risque de rotation rapide. Comme ce dispositif modifie les conditions de chute, les records avec et sans drogue sont distingués dans les catégories officielles.

Passionné de sport et d’adrénaline, j’ai 29 ans et je pratique le football américain ainsi que la musculation. Amateur de sensations fortes et d’activités outdoor, je m’intéresse particulièrement aux expériences qui font monter l’adrénaline, que ce soit sur terre, dans les airs ou sur l'eau. Motard et passionné d'automobile, j’ai toujours été attiré par la vitesse, la mécanique et les activités qui sortent de l’ordinaire. À travers mes articles, je partage conseils, retours et idées d’expériences et inspirations pour aider chacun à trouver l’activité qui lui fera vivre des sensations inoubliables.